Monsieur Mogliacci

Pierrot
Tout ce que j’emporte dans mon cœur et mes souvenirs c’est ce qu’il me restera de lui.
Quand on a cinq ans et demi et qu’on le rencontre pour la première fois, il nous apparaît tel un roc surgissant des océans. Et la blanche écume enveloppant tout son être nous le livre entier, fier et joyeux d’être parmi les vivants.
En toutes ses fantaisies et sa force il m’a toujours évoqué ce personnage du roman d’Hemingway, Le vieil homme et la mer. Pas pour l’âge, mais pour l’esprit du défi qu’il représentait pour moi. Fier et amusé, il bravait les flots du vivant, tendre et féroce à la fois, il plongeait son regard en vous pour y puiser ce qu’il y avait de bon. Chacun peut savoir ici qu’il aura su être d’une infini gentillesse parce qu’il aimait les douceurs et les rires de la vie. Il suffira juste de comprendre pourquoi il a choisi cette douce et sensible femme comme compagne de vie pour s’en convaincre.
La vie passant il est resté pour moi un repère silencieux et ancré sur la plage de mes souvenirs. Chaque fois que la tourmente traverse ma vie je repense à cette magnifique image d’un enfant de cinq ans et demi ébloui et porté par ce rocher immuable qu’il était. Quelque chose d’un Père.
Dans la barque du devenir je le vois naviguant fier face aux embruns frais et salés en chantonnant parmi les siens sous un radieux soleil.
Ces quelques mots fébriles mais chauds, je les envoie à sa femme, à ses enfants, à toute sa grande et belle famille, à tous ceux qui l’ont aimé.
Pour qu’au fond de chacun de nous on l’emmène avec nous un peu plus loin que là où il se repose. En homme de la mer, Je te souhaite le plus beau de tous les « Bon vent » Monsieur Mogliacci.

Jean Marie

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Toute la beauté du monde

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En regardant par la fenêtre ouverte , là où chevauchent quelques nuées blanches et roses, juste derrière les grands pins abritant les piaillements de quelques passereaux tardifs, loin au delà du petit bois se trame lentement le grand flamboiement matinal. D’abord se révèlent une lueur dorée embrasant le contour de chaque nuage, puis tout le fond bleu pastel du ciel imite comme par jalousie la décision céleste. Au dessus des nuées tranquilles le ciel se teinte légèrement de jaune en passant par plusieurs nuances pastelles de verts. Au pied des arbres le ciel commence à s’enflammer de rose puis, d un orange rouge rappelant le cœur de quelques fruits exotiques ou d’une pêche de vigne de mon enfance. La futaie s’enflamme de rouge tendre tandis que les nuages dorés caressant le temps et mon regard s’échappent doucement comme pour laisser la place à sa majesté soleil. Quelques mésanges et autres rouges-gorges chantonnent en célébrant l’instant. Puis, pointant son premier rayon sur les heaumes envolés, le silence se fait, chacun écoute les premiers mots du matin qui naît. Il va faire beau aujourd’hui.

Plus bas dans une vallée de la France, quelques coups de fusil des chasseurs affamés du 21ème siècle massacrent à tout va…Barbares !

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©2016 Jean Marie Albert Tous droits réservés – Reproduction interdite

La dernière fois que j’ai mouru

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La dernière fois que j’ai mouru !

Ça vous semble surréaliste comme propos. Enfin, c’est ce qui devrait vous passer par la tête, surtout si vous êtes complètement enfumé par ce qu’on raconte sur ce sujet.

Ceux qui racontent, tout comme ceux qui se taisent, s’en foutent, n’y comprennent rien, n’en savent pas plus l’un que l’autre.

Personne ne sait, personne. Sauf moi ! Et si je le sais c’est bien parce que ça m’est arrivé plusieurs fois. Étrange, n’est-ce pas ?

D’abord vous vous dites que je suis complètement allumé, voir fou. Puis vous vient à l’esprit que sûrement je rigole et même que je pourrais plaisanter. Ensuite s’enclenche l’idée que je pourrais tenter de me payer votre tête. Là, vous rigolez moins et s’insinue l’idée que si je continue, la gifle va tomber. Ça vous énerve, je le sens dans vos yeux qui me lisent. Mais patientez encore quelques secondes et la réponse va tomber, comme ça, d’un coup. Et vous croirez mon propos.

Du coup, vous continuez à lire, parce que, curieux comme vous êtes, vous voulez savoir. Ce n’est pas un défaut, bien au contraire. On souhaite tous savoir ce qu’il y a après, si on va revenir ou trouver un monde meilleur, ou rien du tout.

Donc, curieux moi aussi, j’ai voulu savoir et pour cela, j’ai franchi le pas, je suis mouruté.

Rien de plus simple, on oublie de vivre, de respirer, de penser, ressentir, d’exister. Ici, il ne s’agit pas de suicide car c’est trop définitif. Il s’agit de faire comme beaucoup de gens l’ont fait depuis des siècles et continuent à le faire de nos jours :

Faire semblant de vivre, ne pas considérer la réalité du vivant, occulter la beauté du monde, la souffrance des autres, voir les laisser crever, être un salaud quoi… Plus haut se lisait que ça m’était arrivé plusieurs fois, c’est vrai.

Pas plus tard qu’aujourd’hui. Un autre salaud insultait ma personne, il n’a pas eu mon soutient, il n’a pas eu droit à autre chose que mon mépris. Je lui aurais bien proposé de l’encadrer, mais c’était lui porter trop de considération. Du coup, en rejetant toute empathie envers lui, s’est ouvert la voie d’une petite mort intérieure.

Ce n’est jamais facile de trouver la voie d’une sagesse constante. Il est nécessaire de laisser mourir en soi quelques douleurs pour mieux connaître la vie afin de l’apprécier à sa juste valeur. Car dans la vie, pas de compromis, on a que soi-même.

Moralité : On a rien à espérer des salauds, rien. Sauf peut-être d’apprendre à ne pas devenir comme eux.

Mais c’est possible que vous aussi soyez mouruté plusieurs fois…

Trop de gens pensant être des adultes, croient que la bonté, l’empathie, la générosité, etc… sont réservées aux monde enfants.

Ce monde là

Juste après, semblant se poser sur le haut de sa tête noire et brillante comme un café brûlant, le flamboiement pastel multicolore du couchant soleil.

Allongé sur le sable gris de la cour, il me plaisait d’imaginer cet arrière plan sensuel offrant un spectacle où l’univers entier viendrait célébrer l’instant. Il n’y a que le mur taché. Lire la suite