Pendant la vie

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Un jour il y a eu ma naissance, mais presque personne ne l’a jamais vraiment su. Peut-être même que moi aussi. Quant à ceux qui s’en souviennent, ils doivent en être encore tout… renversés.

Depuis, mon existence, je la vis à peu près dans n’importe quel sens. Vous comprendrez pourquoi. Cependant, tout le reste du vivant s’est blotti au creux de ce que je nommerai ici, ma vibration. Voici donc la première qu’il m’a été offert de rencontrer.

Il m’importe de le partager afin que vous ressentiez la surprenante émotion d’une naissance vouée aux folies de ce monde.

Soyez sereins, tout comme moi je l’ai été pour traverser cela.

Mon premier souvenir me revient avec la tête en bas, alors que Maman galopait en essayant de ne pas m’accoucher sur le carreau froid des couloirs de l’hôpital. La sage femme, n’ayant de sage que le titre, glapissait ses absurdes certitudes en éructant ses pensées ryzhomiques affirmant que je n’étais pas encore prêt de naître.
Le ryzhome c’est l’emblème conventionnel du grand jardin des céphalogrumes à deux pattes.
Maman, puisque c’était son quatrième enfant, commençait à bien connaître la situation et savait pertinemment que son dernier trouverait la voie des airs plus rapidement que les pensées tordues de la pas sage femme.
Le carrelage beige de la maternité de l’hôpital et les murs vert pâle comme des morts s’orientaient vers une porte grise à double battants pouvant peut-être se franchir en courant . En tous cas, ma mère à tenté le coup. Un infirmier à pu côtoyer soudainement son esprit volontaire et en goûter l’arôme avec une soupe à la paille durant environ deux mois.

Le long du chemin menant à ces grandes portes, les couinements tardifs de l’assistante de naissance alertaient l’équipe de soin affairée dans les chambres qui, à chaque entrée et sortie échangeaient avec le couloir central leurs arômes et parfums de lait régurgité et couches de coton salies.
On s’imagine aisément pourquoi ces premières effluves peuvent rendre totalement abrutis un grand nombre de nouveaux-nés.

Et encore, aucune évocation des éthers et autres humeurs bio chimiques à conséquences multiples ne viendra pour enfoncer le clou ici. Quoique…

Les visages effarés, les questions, réponses et propositions stupides se bousculèrent soudain tout autour de ma mère et de moi.
Comment est-ce possible, pourquoi faites vous comme ça, pourquoi avez-vous autant attendu, ne laissez pas tomber le bébé, serrez les cuisses, pourquoi sort-il si vite, pourquoi êtes-vous venue à pied, dépêchez vous de vous asseoir, ah non ne vous asseyez pas, allongez vous, oui, mais comment y arriver, est-il mort, souffrez-vous beaucoup, un peu, pas du tout, de 1 à 10, qu’il est mignon, regardez il sourit et semble comprendre ce qu’il lui arrive, croyez-vous qu’il sait qu’il est en train de naître, ne le laissez pas tomber, etc,…?

Moi, la tête dehors, je regardais les deux pieds de Maman apparaissant et disparaissant chacun leur tour alors qu’elle se frayait un chemin vers la table de travail. La multitude de chaussures, chaussons, mules se côtoyaient vigoureusement en s’écrasant les uns les autres. Ils me faisait coucou et ce fut certainement mon premier rire.
Ensuite, la tête des gens avec une bouche à la place du front, je dois vous dire que ça m’a toujours évoqué la plus idiote des expressions. Surtout s’ils parlent.
Essayez, vous verrez.
Ce monde m’inspire-t-il le doute? Oui !

On comprendra mieux pourquoi depuis ce souvenir comique, je me pose la question du comment se fait-il que les gens de cette planète me sont apparus en marchant sur la tête et qu’ils le font toujours puisque bien d’autres situations encore plus surprenantes ont croisé mon chemin..

La vie s’annonçait bien amusante…

 

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