Monsieur Mogliacci

Pierrot
Tout ce que j’emporte dans mon cœur et mes souvenirs c’est ce qu’il me restera de lui.
Quand on a cinq ans et demi et qu’on le rencontre pour la première fois, il nous apparaît tel un roc surgissant des océans. Et la blanche écume enveloppant tout son être nous le livre entier, fier et joyeux d’être parmi les vivants.
En toutes ses fantaisies et sa force il m’a toujours évoqué ce personnage du roman d’Hemingway, Le vieil homme et la mer. Pas pour l’âge, mais pour l’esprit du défi qu’il représentait pour moi. Fier et amusé, il bravait les flots du vivant, tendre et féroce à la fois, il plongeait son regard en vous pour y puiser ce qu’il y avait de bon. Chacun peut savoir ici qu’il aura su être d’une infini gentillesse parce qu’il aimait les douceurs et les rires de la vie. Il suffira juste de comprendre pourquoi il a choisi cette douce et sensible femme comme compagne de vie pour s’en convaincre.
La vie passant il est resté pour moi un repère silencieux et ancré sur la plage de mes souvenirs. Chaque fois que la tourmente traverse ma vie je repense à cette magnifique image d’un enfant de cinq ans et demi ébloui et porté par ce rocher immuable qu’il était. Quelque chose d’un Père.
Dans la barque du devenir je le vois naviguant fier face aux embruns frais et salés en chantonnant parmi les siens sous un radieux soleil.
Ces quelques mots fébriles mais chauds, je les envoie à sa femme, à ses enfants, à toute sa grande et belle famille, à tous ceux qui l’ont aimé.
Pour qu’au fond de chacun de nous on l’emmène avec nous un peu plus loin que là où il se repose. En homme de la mer, Je te souhaite le plus beau de tous les « Bon vent » Monsieur Mogliacci.

Jean Marie

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