Le Projet Nega – Roman Steampunk Extrait

NEGA 1

– Incipit

Dans les couloirs du XIXe siècle passaient des ombres, que même le vénérable Buffon, dont l’influence planait encore beaucoup, n’avait jamais découvert dans son fabuleux parcours botanique.

Les Capitales fourmillantes, du fait de la créativité et des engrenages de l’industrialisation naissante, livraient chaque jour une nouvelle technologie qui suscitait les convoitises les plus perverses dans l’initialisation de l’Europe.

La révolution faisait son œuvre aussi par la démographie galopante et la destruction des vieux empires ouvrait la voie aux nouvelles convictions parmi les plus infâmes.

La France, l’Allemagne et l’Angleterre s’érigeant en nations évoquaient déjà, à travers la fibre populaire manipulée par des discours politiques honteux entretenus par des avidités financières les plus viles, les prémices d’un XXe siècle catastrophique. Les savants foisonnaient d’idées fantastiques, loufoques ou dangereuses. La Machine à vapeur, l’électricité, le moteur à explosion, à induction,le téléphone, le vaccin, la nitroglycérine, les rayons X, la radioactivité… Et les artistes proposaient des créations qui émerveillaient autant qu’elles surprenaient, apeuraient.

De Chateaubriand à Dostoïevsky, en exprimaient toutes les tensions ; Humboldt, Amudsen, Livingstone, Stanley Parcouraient la planète pour découvrir des trésors de toutes sortes cachés aux confins du monde… En arrivant à Hegel, Kierkegaard, Marx, Engels, Bakounine, Kardec, Nietzsche… qui eux, pensaient le monde à côté de Charcot qui lui tentait de le sauver face aux délires d’un Freud schizophrénique naissant..

Les richesses pillées sans vergogne des continents africain, asiatique et sud américain délivraient, à bas prix, une partie de l’occident des contraintes matérielles. En Amérique, les fumées âcres de la guerre de sécession venaient juste de disparaître, cependant, les tourments du vieux continent avaient finis par chasser les plus idéalistes et les plus pauvres à vouloir rejoindre cette terre d’espoir quel qu’en soit le prix à payer. Il valait mieux pour eux prendre le risque de mourir noyé en plein atlantique que de survivre dans l’enfer de l’occident.

Le monde était en pleine ébullition…

Dans ce brouhaha planétaire, Jean Albert, ses trente-huit printemps sous ses cheveux de laine, débarquait de son sud natal. Muni de son unique valise cartonnée emplie de quelques habits usés et de plusieurs livres traitant de sciences physique et de chimie, il posa le pied sur le quai de  L’embarcadère de chemin de fer de Paris à Montereau , aujourd’hui la Gare de Lyon, pour y rencontrer un certain « Johns » qui devait l’attendre à l’entrée, à chaque heure sonnante à partir de 14 h 00 coiffé d’un Haut de forme rouge et d’une paire de gants jaunes, signe en ces jours, du plus suprême « bon ton ».

Il était déjà 14 h 47 à son gousset et en ce mois de Juin et le temps agréable offrait un douce fraîcheur bienvenue après les heures étouffantes passées dans le compartiment exigu et malodorant du long voyage qui l’amena jusqu’ici. Le plaisir de la fraîcheur évaporé après les premiers pas remontant le quai noir de monde, Jean se demandait comment les gens faisaient pour survivre dans un tel vacarme. Tous semblaient complètement affolés, perdus,fous, à croire qu’il y avait le feu dans la gare….

à suivre…
©2016 jean-Marie Albert Copyright – Reproduction interdite. Tous droits réservés.
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