Procrastination et demi

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Je vous aime avec toute la nécessité de la vie auprès de vous, dans le silence d’après nos émois, comme à chaque fois que vous risquez de vous éloigner, pour toujours.

La dernière partie reste, même si elle est espérée, tout de même assez présomptueuse et pour le moins naïve.Quant à vos éloignements, ils me permettent de respirer le parfum des cigares que vous détestez tant. Les silences d’après nos émois renvoient souvent à ce fameux «  et moi » que vous quémandez sans cesse.
M’auriez-vous pris pour une machine à pâtes régurgitant ravioles, cannellonis comme autant de caresses financières gustatives en promesse ? Il va de soi que la précipitation dont je fais preuve à chaque tentative n’a d’équivalence que dans la mesure ou ces échanges ont lieu chaque trimestre le premier vendredi soir entre 18 et 19 h. Équivalence avec le versement de ma pension de la sécurité sociale. Jour d’inadvertance où vous vous présentez chez moi pour venir chercher de quoi payer votre loyer. C’est ce que je nomme au début de mon propos la nécessité de la vie.

Vous voyez bien que je vous aime. Cependant, l’expression de votre compréhension relève du déchiffrage scientifique. Quelque expert en goguette nous conduira certainement à la conclusion que vous fûtes, parce qu’un éclair soudain traversa mon esprit et la pénombre du salon, que vous fûtes disais-je, littéralement trouée par un projectile de métal qui s’est soudainement échappé du canon du pistolet que je venais de saisir par inadvertance en cherchant un slip propre à mettre après avoir pris une douche suite à nos ébats très fructifères. Surtout pour vous.
Encore qu’il est raisonnable de considérer que, pour cette fois, ce sont de réelles économies que vous me fîtes faire. Pour le même prix, bons nombres de rencontres provoquées rue de la joie m’auraient encore été proposées.

Ceci dit, Mon amour, mon merveilleux amour, il est de ces instants traversant la vie, qui nous force à nous élever vers des valeurs moins nauséabondes que l’apitoiement sur le sort des autres. Ici, très chère, nous parlons bien de vous.
Un certain philosophe aurait dit, paraît-il, que la femme est à l’avenir de l’homme ce que l’homme est en instance d’agrément dans la fameuse rue. Mais peut-être bien que c’était ce fameux hédoniste qui nous révéla son délectable savoir à l’apéro de onze heures au café du coin.
Ma mie, vous provoquâtes un doux développement de ma personnalité dans nos trop rares rencontres libidineuses. La contrepartie maintes fois surestimée m’obligea à orienter mon désir vers une pensée des plus efficace. La séparation ! Par égard pour vous il m’est apparu judicieux de vous éviter la part orageuse d’entretiens verbaux à consonances populaires. La vue d’un changement de télévision, de vaisselle et autres ustensiles ménagers s’avérant inutile, l’économie de leur rachat suite à votre émotion d’une positivité douteuse fut un point non négligeable pour enclencher le système mécanique générant cette sourde et fumante détonation.
Pour une fois, l’oreiller aura encaissé un coup dont on parlera longtemps encore dans les chaumières.

C’est pourtant bien là, l’oreiller, que ma tête repose emmenant mes dernières rêveries vers le trépas.
Onze heures, vous me servîtes le fameux bouillon et face à moi, le sourire tendre sur vos lèvres, je n’aurais fait que délirer votre départ soudain. Ma douce, vous m’assassinez.
Dans mon ultime pensée, et même si j’ai trop tardé à mettre mon plan en exécution, un grand éclat de rire emporta mon âme vers d’autres horizons. En effet, quelques jours auparavant, d’une vie de solitude universelle, une consultation à mon notaire signifiait que tout mon héritage partait vers les jolies filles de la rue de la joie.
Elles reconnaîtront les leurs et Dieu aussi.
Je vous aime avec toute la nécessité de la vie auprès de vous, dans le silence d’après nos émois, chaque fois que vous vous éloignez, pour toujours.

Comme quoi, à procrastination, procrastination et demi.

Misereatur tui omnipotens Deus, et, dimissis peccatis tuis, perducat te ad vitam æternam. Amen
Que le Dieu tout-puissant vous fasse miséricorde, qu’il vous pardonne vos péchés et vous conduise à la vie éternelle. Amen.
GS561EC-1
©2016 JeanmarieAlbert Tous droits réservés – Reproduction interdite

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