Dans les poubelles de l’enfer

Enfer-Traversee-du-Styx-Gustave-Dore                                                                    La Traversée du Styx, par Gustave Doré (1861)

 

Dans les poubelles de l’enfer

Vous montrer cela, n’est pas pour dénoncer un dieu ou représentant spirituel, car ceux là n’y peuvent hélas rien mais que la faute, les fautes reviennent aux humains. Parce que tout comme vous, peut-être, je souffre de cette mascarade planétaire, séculaire qui consisterait à faire croire à tous que nous si nous suivions les préceptes et autres bons conseils de prétendus « Grands Sachants » auto proclamés ou placés là par les complices filiations d’une clique d’affameurs, d’escrocs, d’assassins, nous aurions un monde merveilleux.
Tous les squatteurs de prytanée, prélats et politicards confondus, picorant les miettes dans les poubelles de l’enfer, au bon vouloir des possédants, entraînants derrière eux la horde mondiale des cupides, des naïfs mimant Judas pour un siège, quelques pièces d’or, d’odieux privilèges ou pire encore d’à valoir, d’orgueilleuses bénédictions, tous ces démesurés hybris disions-nous, maintiennent ouvertes les sources de ce fleuve né des larmes des voleurs, des pêcheurs et qu’on nomme Cocyte. Nous y mourrons tous. Il n’y a plus assez de cœur, de conscience, de vaillance et de courage pour en sortir. Et les quelques fous qui se battent contre périssent chaque jour, sont montrés du doigt tels de vulgaires suppôts du chaos accablés de quolibets, lapidations verbales envoyés de la pointe dorsale de l’horizon, vendus souvent aux comptoirs des mules, écrasés sous le poids de l’insulte faite à leur dignité, leur valeur, empêchés, affamés, torturés, empoisonnés, assassinés, tout ceci de mille façons autorisées, légales…
Personne n’est absout de cette cruauté partagée et surtout ceux sans avis, sans point de vue, sans compréhension apparente qui se cachent sous le masque de « l’incomprenable », de la larmoyante victime, de la génuflexion de l’ignorance, vertueux labium à jute, complices et partenaires des j’en foutre, des profiteurs silencieux dans la grande confrérie des abjects et des veules, tous ceux-là n’inspirent rien de moins que de la répugnance. Et parce que le plus facile génère une nouvelle faiblesse, on a beau chercher une âme d’apôtre, c’est hélas le plus grand nombre qui implore la miette au repas des suppôts.
Trop, dés qu’une question de fraternité se pose, retournent l’interrogation en se demandant ce qu’ils pourraient éventuellement risquer de perdre des pelures et autres croûtes desséchées récupérées, volées, escroquées. Mais surtout pas de ce que cela pourrait apporter de survie à chacun. Donner aux autres serait se priver du risque de ne plus avoir ce qu’on possède déjà deux fois, mille fois. Et puisque posséder offre le pouvoir de donner et donc de paraître supérieur, autant garder, amasser afin de préserver l’idée qu’on pourrait être quelque décideur…et pourquoi pas Dieu.
Dans les poubelles de l’enfer, nous vivons tous.
L’amour, le fraternel, le sororal est mort, oui, et c’est aux humains passifs et actifs cupides que nous le devons. Et les humains, serait-ce moi,…ou toi, lecteur ?
Le courage nous permettrait de suivre Orphée et peut-être même Thésée ou Héraclès…parce que jusque là, tels Tantale ou l’inconsciente Demeter nous livrons nos enfants au même sort que subit Pélops.

GS561EC-1
©JeanMarieAlbert 2016

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